"Dons de mémoire" 2018-237 : archives de la famille Gillot

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Cote/Cotes extrêmes

134J255 (Cote(s))

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"Dons de mémoire" : collecte d'archives privées sur la Grande Guerre

Présentation du contenu

Dans le cadre de la Grande Collecte 2018, Madame Gillot à fait don aux Archives départementales de la Somme d'un ensemble de documents concernant Marie Panas, infirmière major de la Société de Secours aux blessés militaires, et du soldat Gustave Lecomte, valet de Chambre de Madame Panas. Quelques documents photographiques concernent des infirmières de l'équipe de Madame Pans au sein de la Croix-Rouge française, dont Fanny Kessisoglu.

Marie (ou Mary) Balli est née le 25 janvier 1850 à Upper Clapton (Champion-Place), un quartier du district du Borough londonien de Hackney. Elle est la fille de Xénophon Balli, marchand grec installé à Londres, et de Calliope Kessisoglu.

En 1867, elle épouse le Professeur Phostino Panas, chirurgien et ophtamologue français d'origine grecque. Photinos Panas est né le 30 janvier 1832 sur l'île grecque de Céphalonie. Il a fondé le département d'ophtalmologie à l'Hôtel Dieu de Paris. Il est décédé le 6 janvier 1903 à Roissy.

Pendant la guerre des Balkans (1912-1913), elle est envoyée en mission en Grèce et en Epire par la Croix-Rouge française. En 1914-1918, elle est infirmière major attachée à la 7e armée, puis à la l'armée du Nord, à l'hôpital de Furnes, puis à l'ambulance auto chirurgicale du Professeur Duval.

Au front, elle a fait preuve d'un courage et d'un dévouement inalssables, notamment à Furnes où elle est restée à son poste sous le bobombardements auquel la ville était soumise. En 1918, dès e recul de l'ennemi, malgré son grand âge, elle fonde dans le canton de Montdidier (Somme) une permanence de secours aux réintégrés et concourt personnellement par une action quotidienne au développement et au fonctionnement de cette oeuvre. A la fin de la guerre, elle devient Présidente Directrice de la Société de secours aux blessés et militaires à Montdidier.

Marie Panas est citée dans le rapport sur les prix de Vertu du 25 novembre 1915 de l'Académie Française : "[...] six infirmières de la Société de Secours aux Blessés militaires ont été mises à l'ordre du jour de l'armée dans les termes suivants : Ont fait preuve du plus grand dévouement et d'un grand courage en soignant les blessés français des ambulances de Furnes, malgré un bombardement presque journalier ; sont restées à leur poste jusqu'au moment où le dernier blessé a été évacué. Ce sont : Mme Panas, infirmière major ; Mlles d'Haussonville, Murat, Wasender, Ansart, Kessisoglu. Plusieurs de ces infirmières, qui n'en sont pas à leur première manifestation d'héroïsme, se sont préparées à la guerre actuelle, les unes durant la campagne gréco-turque, les autres au Maroc, et aussi en Sicile, lors du tremblement de terre. Depuis cette glorieuse citation, l'équipe a soigné les typhiques à Dunkerque avec une rare abnégation jusqu'à l'heure où leur ambulance, une fois encore, a dû être évacuée. [...]"

Elle est décorée de la Croix de Guerre avec Palmes en 1915. Palmes en or du Service de Santé.

Marie Panas n'a pas eu de descendance. Elle habitait 90 rue Malakoff à Paris. Le valet de chambre de Madame Panas s'appelait Georges Lecomte. C'est par le biais des descendants de ce dernier que les quelques archives de Madame Panas sont parvenues jusqu'à nous.

Marie Panas est décédée à Paris le 1er février 1930.

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Gustave Lecomte est né le 1er février 1875 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire). Il est le fils d'André Lecomte et Marie Célestine Bézard.

Gustave Lecomte occupe un emploi de valet de chambre chez Madame Marie Panas, 90 rue avenue Malakof à Paris dans le 16e arrondissement.

Il est mobilisé dès le 1er août 1914 et rejoint son corps le 6 août au sein du 70e Régiment d'Infanterie. Il passe caporal le 18 février 1916, puis il passe à la 6e Légion de gendarmerie comme gendarme auxiliaire le 2 maii 1918. Il est démobilisé le 10 février 1919. En décembre 1919, il retourne dans son village d'origine, à Saint-Symphorien.

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Fanny (John) Kessisoglu est née en janvier 1874 à Berdiansk en Russie (Ukraine). Elle est la fille de John Theodore Kessisoglu (ca 1827-1903) et de Pénélope Mistrodachi (ca 1838-1879).

Infirmière-major de la Société française de Secours aux Blessés militaires, elle est décédée le 14 août 1917 d'une méningite cérébro-spinale, contractée dans son service à l'hôpital de Zuydcoote. Elle était déjà titulaire de la croix de guerre. M. le Général commandant la 9e armée lui a fait parvenir, sur son lit de mort, une seconde citation, donnant une dernière fois cette vaillante femme en exemple aux troupes pour lesquelles elle s'était dévouée; il a tenu à se faire représenter à ses obsèques, accentuant ainsi le caractère de solennité que leur donnait la présence des plus hautes autorités médicales et celle de détachements de troupes anglaises et françaises. Mlle Kessisoglu était l'une des infirmières les plus capables et les puis dévouées de la Société. Elle avait donné sa mesure, lors des inondations de Paris et, pendant la campagne des Balkans, en Grèce. Depuis le début de la guerre actuelle, elle n'avait pas cessé de se prodiguer des soins dans les hôpitaux militaires temporaires. C'est là qu'elle a contracté le mal qui l'a emportée. Après la guerre elle a été inhumée au cimetière orthodoxe grec de West Norwood à Londres, Angleterre.

Obsèques de Fanny (John) Kessisoglu, infirmière major décédée le 14 août 1917. Départ du convoi funèbre depuis le la ferme du Sanatoriume de Zuydcoote (Photo 1). Cortège dans une rue de Zuydcoote en direction du cimetière militaire provisoire, Madame Panas marche aux côtés d'officiels et d'officiers (Photo 2)

Cote/Cotes extrêmes

134J255/1 (Cote(s))

Date

17 août 1917

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de la Somme

Caractéristiques physiques

Photographie

Particularité physique

Papier
Noir et blanc

Biographie ou Histoire

Marie (ou Mary) Balli est née le 25 janvier 1850 à Upper Clapton (Champion-Place), un quartier du district du Borough londonien de Hackney. Elle est la fille de Xénophon Balli, marchand grec installé à Londres, et de Calliope Kessisoglu.

En 1867, elle épouse le Professeur Phostino Panas, chirurgien et ophtamologue français d'origine grecque. Photinos Panas est né le 30 janvier 1832 sur l'île grecque de Céphalonie. Il a fondé le département d'ophtalmologie à l'Hôtel Dieu de Paris. Il est décédé le 6 janvier 1903 à Roissy.

Pendant la guerre des Balkans (1912-1913), elle est envoyée en mission en Grèce et en Epire par la Croix-Rouge française. En 1914-1918, elle est infirmière major attachée à la 7e armée, puis à la l'armée du Nord, à l'hôpital de Furnes, puis à l'ambulance auto chirurgicale du Professeur Duval.

Au front, elle a fait preuve d'un courage et d'un dévouement inalssables, notamment à Furnes où elle est restée à son poste sous le bobombardements auquel la ville était soumise. En 1918, dès e recul de l'ennemi, malgré son grand âge, elle fonde dans le canton de Montdidier (Somme) une permanence de secours aux réintégrés et concourt personnellement par une action quotidienne au développement et au fonctionnement de cette oeuvre. A la fin de la guerre, elle devient Présidente Directrice de la Société de secours aux blessés et militaires à Montdidier.

Marie Panas est citée dans le rapport sur les prix de Vertu du 25 novembre 1915 de l'Académie Française : "[...] six infirmières de la Société de Secours aux Blessés militaires ont été mises à l'ordre du jour de l'armée dans les termes suivants : Ont fait preuve du plus grand dévouement et d'un grand courage en soignant les blessés français des ambulances de Furnes, malgré un bombardement presque journalier ; sont restées à leur poste jusqu'au moment où le dernier blessé a été évacué. Ce sont : Mme Panas, infirmière major ; Mlles d'Haussonville, Murat, Wasender, Ansart, Kessisoglu. Plusieurs de ces infirmières, qui n'en sont pas à leur première manifestation d'héroïsme, se sont préparées à la guerre actuelle, les unes durant la campagne gréco-turque, les autres au Maroc, et aussi en Sicile, lors du tremblement de terre. Depuis cette glorieuse citation, l'équipe a soigné les typhiques à Dunkerque avec une rare abnégation jusqu'à l'heure où leur ambulance, une fois encore, a dû être évacuée. [...]"

Elle est décorée de la Croix de Guerre avec Palmes en 1915. Palmes en or du Service de Santé.

Marie Panas n'a pas eu de descendance. Elle habitait 90 rue Malakoff à Paris. Le valet de chambre de Madame Panas s'appelait Georges Lecomte. C'est pas le biais des descendants de ce dernier que les quelques archives de Madame Panas sont parvenues jusqu'à nous.

Marie Panas est décédée à Paris le 1er février 1930.

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Fanny (John) Kessisoglu est née en janvier 1874 à Berdiansk en Russie (Ukraine). Elle est la fille de John Theodore Kessisoglu (ca 1827-1903) et de Pénélope Mistrodachi (ca 1838-1879). Infirmière-major de la Société française de Secours aux Blessés militaires, elle est décédée le 14 août 1917 d'une méningite cérébro-spinale, contractée dans son service à l'hôpital de Zuydcoote. Elle était déjà titulaire de la croix de guerre. M. le Général commandant la 9e armée lui a fait parvenir, sur son lit de mort, une seconde citation, donnant une dernière fois cette vaillante femme en exemple aux troupes pour lesquelles elle s'était dévouée; il a tenu à se faire représenter à ses obsèques, accentuant ainsi le caractère de solennité que leur donnait la présence des plus hautes autorités médicales et celle de détachements de troupes anglaises et françaises. Mlle Kessisoglu était l'une des infirmières les plus capables et les puis dévouées de la Société. Elle avait donné sa mesure, lors des inondations de Paris et, pendant la campagne des Balkans, en Grèce. Depuis le début de la guerre actuelle, elle n'avait pas cessé de se prodiguer des soins dans les hôpitaux militaires temporaires. C'est là qu'elle a contracté le mal qui l'a emportée. Après la guerre elle a été inhumée au cimetière orthodoxe grec de West Norwood à Londres, Angleterre.

Présentation du contenu

Le char funèbre, un simple camion, disparaissait sous les fleurs et sous les drapeaux, un piquet de soldats portait les couronnes qui n'avaient pu y trouver place. Tous les grades du Service de Santé se trouvaient réunis. C'était un flot d'uniformes, une marée de voiles bleus. Un grand nombre d'Anglais s'étaient joints au cortège mélancolique et majestueux, le long des dunes à la verdure triste. Le cimetière est moitié civil, moitié militaire. Au milieu de l'émotion générale, des discours redisent les vertus et les, uvres de cette femme de bien, déjà titulaire de la croix de guerre, à laquelle le Général de la X. armée vient d'ajou- ter une deuxième palme. Le clairon fait entendre une sonnerie funèbre, la terre, bientôt, recouvre le cercueil, et sur le bord de cette tombe fermée, jusqu'aux jours de la résurrection glorieuse, les yeux se mouillent. les coeurs se serrent, mais l'âme se réconforte dans l'acte de foi de l'éternel revoir !