"Dons de mémoire" 2013-146 : archives de la famille Marie

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134J162 (Cote(s))

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"Dons de mémoire" : collecte d'archives privées sur la Grande Guerre

Présentation du contenu

La famille Marie a confié aux Archives départementales de la Somme la numérisation des mémoires de leur ancêtre Roger Marie (1894-1974), combattant de Verdun et prisonnier de guerre.

Roger Marie est né le 1er mai 1894 à Vernon dans l'Eure. Mobilisé le 20 décembre 1914, il est dirigé vers le cantonnement "Letellier" du 132e Régiment d'Infanterie à Chatelaudren (Côtes-d'Armor), où il reste pendant trois mois avant de partir au front. Il participe à la grande bataille de Verdun. Présumé disparu lors de l'affrontement au Fort de Vaux le 21 juin 1916, il est retrouvé parmi les prisonniers faits par les allemands. Le 20 décembre 1945, Roger décide de se remémorer et d'écrire son histoire de "Poilu" entre 1914 et 1918. Il utilisera pour cela son carnet de route de l'époque. Il rédige un impressionnant manuscrit de 601 pages illustrées de très nombreux dessins et de très belles aquarelles. Roger Marie est décédé le 21 juillet 1974 à Gaillon (Eure).

Mes Mémoires. Carnet d'un poilu 1914-1918

Cote/Cotes extrêmes

134J162 (Cote(s))

Date

1945-1967

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de la Somme (version numérique)

Caractéristiques physiques

Journal manuscrit

Particularité physique

couleur
Papier

Origine

Marie Roger (1894-1974), peintre en lettres

Biographie ou Histoire

Roger Marie est né le 1er mai 1894 à Vernon (Eure). Il est le fils de Pierre Louis Marie, horloger, et de Louise Delphine Lecoq (mariés à Vernon le 27 mai 1868). Après le décès de son père le 14 janvier 1905 à l'âge de 60 ans, la famille s'installe à Gaillon dans l'Eure. Son frère René, pâtissier, devient le chef de famille.

Il fait partie de la classe 1914 et est mobilisé le 20 décembre 1914. Il est dirigé vers le cantonnement "Letellier" du 132e Régiment d'Infanterie à Châtelaudren (Côtes-d'Armor), où il reste pendant trois mois avant d'être envoyé au front.

Il participe à la bataille de Verdun. Présumé disparu lors d'un affrontement dans le secteur du Fort de Vaux le 21 juin 1916, il est retrouvé parmi les prisonniers faits par les allemands.

En captivité à Mouzon puis à Mairy dans les Ardennes, il est ensuite déplacé vers l'Allemagne où il connut plusieurs camps de prisonniers. Après toutes les souffrances et privations endurées, il retrouve sa famille le 18 décembre 1918.

Après la guerre, Roger se marie. De cette union naissent trois enfants (deux filles et un garçon). De retour à la vie civile, il exerce le métier d'artisan peintre en bâtiment, spécialisé dans la peinture en lettres (écriture et décoration pour la réalisation de toute sorte de signalétique et pour la publicité).

Le 20 décembre 1945, Roger décide de se remémorer et d'écrire son histoire de "Poilu" entre 1914 et 1918. Il utilisera pour cela son carnet de route de l'époque. Il rédige un impressionnant manuscrit de 601 pages, illustré de très nombreux dessins et de très belles aquarelles. Ce travail ne sera complètement achevé qu'en 1967 si l'on en juge les dernières mises à jour de ce document.

Chaque jour Roger aimait conter ses aventures de guerre à son petit-fils au retour de l'école, certainement pour transmettre aux générations futures l'histoire de ce grand sacrifice. Son petit-fils, Jean-Luc, dit de lui qu'il était "une personne joviale et chaleureuse" et qu'il a entretenu longtemps des relations avec ses compagnons d'armes, notamment lors du banquet annuel des anciens du 132e Régiment d'Infanterie à Reims. Certains de ses compagnons ont paraphé le livre de Roger Marie.

Roger Marie est décédé le 21 juillet 1974 à Gaillon (Eure).

Présentation du contenu

Chapitres :

  • -Prologue (page 2)
  • -Le dépôt (page 5)
  • -En route (page 7)
  • -En campagne (page 15)
  • -En ligne (page 18)
  • -La relève (page 29)
  • -Le doigt de Calonne (page 31)
  • -Bois de Lauclon (page 38)
  • -Au repos (page 49)
  • -Vers la Champagne (page 54)
  • -Un mois sous les "marmites" (page 67)
  • -En avant ! (page 75)
  • -Première attaque (page 84)
  • -Le ravitaillement (page 94)
  • -En réserve (page 96)
  • -Relève (page 101)
  • -Le repos (page 104)
  • -On remonte (page 108)
  • -Sous le barrage (page 113)
  • -Première ligne (page 116)
  • -La contre-attaque (page 123)
  • -P.15 (page 130)
  • -Vers le repos (page 138)
  • -Mourmelon (page 144)
  • -En secteur (page 153)
  • -Le bois Forcinal (page 182)
  • -Les gaz (page 193)
  • -Dans le doute (page 203)
  • -Verdun (page 216)
  • -Vers le fort de Vaux (page 222)
  • -Le tunnel de Tavannes (page 229)
  • -L'enfer (page 235)
  • -Prisonnier (page 262)
  • -A l'arrière des lignes ennemies (page 271)
  • -En captivité (page 279)
  • -Mairy (page 282)
  • -Vers l'Allemagne (page 294)
  • -Au camp (page 298)
  • -Vers le coeur de l'Allemagne (page 307)
  • -Le camp (page 315)
  • -Tristes journées (page 322)
  • -Nouveau départ (page 328)
  • -En représailles (page 332)
  • -Vers le front anglais (page 338)
  • -Courcelles-le-Comte (page 341)
  • -Famine et barbarie (page 346)
  • -Buquois (page 350)
  • -Raffinement (page 355)
  • -Démoralisées (page 360)
  • -L'agonie d'un village (page 362)
  • -Au bas de l'échelle (page 366)
  • -Pour cause de stratégie (page 369)
  • -Saint-Léger (page 372)
  • -Dury (page 377)
  • -Saudemont (page 385)
  • -A l'assaut de la ligne Hindenburg (page 387)
  • -Des colis (page 391)
  • -Sous les obus (page 392)
  • -Sauchy-Lestrée (page 397)
  • -Fin des représailles (page 404)
  • -Neuvilles-sur-L'Escaut [Neuville-sur-Escaut] (page 408)
  • -Denain (page 414)
  • -Orchies (page 418)
  • -Sars et Rozière (page 421)
  • -Rumegies (page 427)
  • -Mortagne (page 430)
  • -Nouveau-jeu (page 432)
  • -L'étape de Denain (page 434)
  • -Saint-Amand-les-Eaux (page 444)
  • -Vers la fin (454)
  • -Premiers symptômes (page 457)
  • -L'évacuation (page 464)
  • -En Belgique (page 467)
  • -Orp-le-Grand ou dernière étape (page 475)
  • -"Libres" (page 478)
  • -Grez-Doiceau (page 481)
  • -Nivelles (page 487)
  • -Bruxelles (page 494)
  • -"Le jour de gloire..." (page 498)
  • -L'entrée du roi Albert 1er (page 499)
  • -Légitime délire (page 505)
  • -Vers la France (page 507)
  • -Saint-Amand sans âme (page 510)
  • -Lille (page 512)
  • -Roubaix (page 516)
  • -Nach Paris ! (page 518)
  • -Arras (page 521)
  • -Au pays natal (page 527)
  • -En famille (page 528)
  • -Sous l'Arc de Triomphe (page 532)
  • -Extrait du livre "Verdun", colonel Bagès (page 535)
  • -Messages des pigeons de Tavannes-Tandart (page 538)
  • -Baptistin Giraud (page 543)
  • -Extrait du livre "Verdun", Georges Blond, sur le tunnel de Tavannes (page 558)
  • -Notes du carnet de bord du feldwebel (page 565)
  • -4 journées d'épouvante, par le général G. Sabattier (page 567)
  • -Conclusion (page 589)
  • -Statistiques (page 595)
  • -Répertoire des illustrations (page 596)
  • -Répertoire des croquis (page 597)
  • -Répertoire des titres (page 598)

Aquarelles de Roger Marie :

  • -La guerre et la paix (page 1)
  • -Le viaduc du Perreux (page 22)
  • -La ferme du Marot. Châtelaudren (page 44)
  • -Uniformes (page 45)
  • -Chaumières bretonnes. Châtelaudren (page 88)
  • -Le casernement. Châtelaudren (page 110)
  • -Eglise des Monthairons (page 132)
  • -Pont détruit sur la Meuse (page 154)
  • -Sommedieue. Meuse (page 176)
  • -Ma première tranchée avec Leleup, Gauthier et Loisance. Mouilly (page 198)
  • -Le château du Petit Monthairon (page 220)
  • -Campagne meusienne (page 242)
  • -Bords de la Meuse (page 288)
  • -Ancemont. Meuse (page 312)
  • -Ma tranchée du Bois Bouchot (page 336)
  • -Eglise de Villotte-devant-Saint-Mihiel (page 358)
  • -Eglise de Vatry. Marne (page 380)
  • -Un secteur de 1ère ligne sous la neige : B.7 bastion n° 7 en Champagne (page 446)
  • -Ouvrage du Fort de Vaux. Bois Firmin (page 468)
  • -Secteur du Fort de Vaux. Verdun (page 490)
  • -Eglise de Landres (page 514)
  • -Mairy. Ardennes (page 530)
  • -Château du Loir à Sars-et-Rosières. Nord (page 552)
  • -Intérieur de la cathédrale d'Arras, novembre 1918 (page 582)

Dessins et croquis de Roger Marie :

  • -2 vues des Monthairons (page 23)
  • -Soldat Jules Gauthier, dit "Rouget" (page 38)
  • -Poilus de la Compagnie (page 45)
  • -Soldat Jules Gauthier, dit "Rouget" (page 54)
  • -Le général Joffre et la mairie de Rupt-en-Woëvre (page 89)
  • -Tête de Boche (page 111)
  • -3 croquis du boyau de B.7 et camouflage (page 155)
  • -Escalier descendant dans un abri à B.7 (page 177)
  • -Galerie intérieure au poste "Montagne" (page 243)
  • -Secteur de Mouilly, Meuse (page 266)
  • -Eglise de Mouzon, Ardennes (page 278)
  • -Cantonnement de Mairy, Ardennes (page 289)
  • -Camp de Doebritz près de Berlin (page 313)
  • -Façade de l'église de Villotte-devant-Saint-Mihiel (page 359)
  • -Secteur de combat en Champagne en 1915 (page 402)
  • -Camp de Giessen, Hesse (page 403)
  • -Secteur d'un bataillon en Champagne (page 424)
  • -Sentinelle au camp de Giessen (page 425)
  • -Saint-Amand-les-Eaux, rue des Fèves. Nord (page 447)
  • -Kommandantur de Mairy, Ardennes (page 531)

Extraits des Mémoires de Roger Marie :

  • -Il commence son histoire ainsi : "Ce n'est pas un conte improvisé que je tiens à me retracer, mais toute la série d'épisodes, tantôt gais, souvent tristes, qui marquèrent profondément la plus belle période de ma jeunesse. Toute la vérité y est retracée pas à pas, à travers la grande mêlée universelle, et je suis heureux, aujourd'hui 20 décembre 1945, de me remémorer le "Poilu" que j'étais pendant ces quatre années de la guerre 1914-18. Mon carnet de route, où les notes prises sur le terrain même, m'aidera préciser certaines dates et faits, pouvant échapper à ma mémoire, cependant bonne. [...]"
  • -Après le cantonnement fin 1914 et début 1915, c'est le départ pour le front :"[...] Entassés dans nos compartiments avec tout notre barda, nous allons traverser la France de l'ouest à l'est en cinquante heures [...]"
  • -Début 1916, dans le bastion 32 dans le bois de Forcinal (près de Suippes), sa compagnie, alors au repos, essuie des tirs d'obus. Il écrit : "[...] Le premier de ces obus tua sur le coup notre adjudant et un sergent de la compagnie et blessa mortellement le petit sergent Mégard au moment où ceux-ci se préparaient à prendre également leur repas. Je n'ai pu voir emporter le pauvre petit gars, blessé de plusieurs éclats au ventre, mais j'ai vu passer les restes de notre adjudant, je puis dire les restes car ils ne pesaient pas lourd, ni n'étaient bien volumineux dans cette toile de tente que portaient deux camarades. [...]"
  • -Sur la bataille de Verdun, dans le secteur du fort de Vaux, il écrit : "[...] Nous traversons maintenant un bois déchiqueté par les obus [...]. L'orage de fer a dû faire rage par ici, il ne reste plus de branches aux arbres qui se découpent en noir, silhouettes inquiétantes et baroques, sur fond gris jaune du ciel et leur donnent des allures fantomatiques. C'est le commencement de l'enfer de Verdun, et si vous avez lu celui du Dante, vous y retrouvez les zones successives qui conduisent à la grotte de satan. [...]"
  • -En captivité à Mouzon (Ardennes), il travaille dans les champs : "[...] Nous sommes payés 30 pfennigs par jour de travail et ce petit salaire nous permet de nous procurer du savon, chose rare et chère, et du tabac, moins rare que la nourriture [...]"
  • -En novembre 1916, il fait partie d'un convoi de prisonniers vers l'Allemagne, il écrit : "[...] Nous voici donc loin des canons et commençons à nous éloigner de la France. [...]"
  • -Il revient en France dans un convoi de prisonniers afin de travailler pour l'armée allemande au déploiement de fils de fer barbelés et au creusement de tranchées dans le Pas-de-Calais dans les environs du village de Dury. Par le biais de journaux allemands, il apprend que :"[...] Les anglais enlèvent de nombreux villages et villes, parmi lesquels Péronne, Ham, Noyon, Roye [...]. Nous espérons même qu'un jour les anglais viendront jusqu'à nous pour nous sortir de ce guêpier. [...]"
  • -Il assiste depuis la zone occupée à duels aériens. Il écrit : "[...] au-dessus de Riencourt, nous assistons à de nombreux combats aériens. Rien de plus angoissant que de suivre du regard ces duels en plein ciel, où à plusieurs centaines de mètres d'altitude, ces gladiateurs modernes se mitraillent, visant, plongeant, se chargeant, jusqu'à ce que l'un d'eux s'enfuie abandonnant la lutte ou s'écrasât sur le sol où l'oiseau géant arrivera disloqué. [...] Plus de vingt fois, je fus le témoin oculaire de semblables combats, finissant souvent par la chute terrifiante d'un des adversaires, tantôt anglais, tantôt allemand. [...]"
  • -Le 11 décembre 1918, il retrouve sa famille : "[...] Pendant quatre longues années, mon énergie et mon désir de vivre n'a eu d'autre but que ce moment que je vis actuellement et m'y voici, c'est tout, je suis revenu... [...] J'avais à cet instant, le onze décembre 1918 vers onze heures du soir, date mémorable dans mes souvenirs où, jusqu'à cette minute, j'avais fondé toutes les espérances qui me permirent l'endurance morale et même physique d'arriver à mon point de départ. [...]"

Langue des unités documentaires

Français

Mots clés typologiques